Les gens de gauche le savent parfaitement. Ce qui les pousse à voter pour leur champion d'un soir actuel, François Hollande, c'est l'absence de candidats crédibles et charismatiques.
Ce qui les pousse à voter Hollande c'est l'anti-sarkozysme, un point c'est tout.
A gauche, Hollande n'a jamais fait l'unanimité, c'est un homme de compromis qui n'a pas fait évoluer d'un pouce le PS en 10 ans, qui n'a jamais attiré l'attention de Mitterrand, l'idole de la gauche.
Il y a cinq ans, Royal avait bougé les lignes et avait été pilonnée par l'establishment socialiste, parce qu'elle voulait sortir des schémas rigides d'un parti à l'agonie, et parce qu'elle avait envie de proposer une alternative. On connaît le résultat.
Tous les pontes du PS ont eu la trouille de leur vie en croyant leur heure sonnée et l'ont subtilement torpillée pour qu'elle coule en douce sans faire trop de vagues. Mieux valait rester dans l'opposition et chauffer un siège à la direction du parti qu'être sur le banc de touche avec les copains au pouvoir.
Hollande, qui veut contenter tout le monde sans jamais fermer la porte à personne, a dû promettre aux uns et aux autres des postes, des responsabilités, des places dans les ministères, dans des commissions, bref, des strapontins de la République aux frais du contribuable.
Et DSK ?
Dominique Strauss-Kahn, même si jugé trop libéral par certains, aurait pu représenter une réelle alternative à la droite, au point que certains, à droite même, étaient prêts à voter pour lui tant ils ne partageaient pas leur vision de la vie politique avec leur chef de file Sarkozy.
L'aura internationale de DSK aurait pu être un atout dans cette période de crise économique.
De la même façon, un débat sur l'économie entre l'ancien ministre des Finances -DSK- et l'ancien ministre du Budget -Sarkozy- pouvait laisser espérer autre chose qu'un débat Hollande-Sarkozy.
La vie en a voulu autrement...
... et on connaît la suite. Maintenant il faut choisir entre Sarkozy, qui a su garder un cap dans la tempête (même si son bilan n'est pas tout bon tout propre) et l'anti-sarkozysme sans conviction avec un homme sans idées, déconnecté du monde réel des échanges internationaux, et qui commence à se voir comme le Cinquième élément, l'Armageddon de la politique, le sauveur de la planète, the One.
Faut-il alors continuer sur sa lancée ou aller dans le mur avec Hollande?
A mes yeux, il est le roi de l'esquive: nous on va prendre le mur en face, lui fera demi tour.